Neuf autoentrepreneurs sur dix gagnent moins que le Smic

ACTUALITÉ  |
20 sep 2012

Malgré l'engouement qu'il suscite, le statut d'autoentrepreneur paie mal. Selon une étude de l'Insee publiée ce jeudi, 90% des personnes ayant créé une autoentreprise en 2009 gagnaient, deux ans plus tard, moins que le smic grâce à cette seule activité. Le revenu moyen ne dépassait pas 6000 euros par an en 2011, soit environ 500 euros par mois. C'est un peu plus qu'en 2009 - 4300 euros par an - mais beaucoup moins que les créateurs d'entreprise classiques, qui doivent s'acquitter de démarches administratives plus compliquées et d'une fiscalité plus lourde.

 

Malgré ce maigre tribut, près de 60% des autoentreprises créées en 2009 étaient toujours actives fin 2011. Et pour cause: bien souvent, l'autoentreprise n'est qu'une activité complémentaire. Selon l'Union des Autoentrepreneurs (UAE), 40% d'entre eux sont aussi salariés ou retraités. «Pour un retraité qui touche une pension, gagner 200 euros de plus chaque mois est un gain non négligeable. Il est aussi logique qu'un salarié qui travaille cinq jours par semaine ne gagne pas autant qu'un créateur d'entreprise qui s'y consacre pleinement», relève l'UEA. De fait, les «monoactifs» - ceux qui n'ont pas d'autre activité que leur autoentreprise - gagnent 12% de plus comme autoentrepreneurs que ceux qui cumulent, souligne l'Insee.

 

Une autre explication à la faiblesse du revenu moyen tient à la simplicité du statut, accessible en quelques clics. «Il y a probablement un effet de sélection. Certaines personnes créent leur autoentreprise car elles n'ont pas d'autres possibilités de travailler», analyse Nicole Roth, chef du département de l'emploi et des revenus à l'Insee. Selon une précédente étude de l'institut, un tiers des autoentrepreneurs inscrits au premier semestre 2010 étaient auparavant demandeurs d'emploi. Et sur la même période, les trois quarts des autoentrepreneurs affirmaient qu'ils n'auraient pas créé d'entreprise sans l'existence de ce régime.

Source
Marie Bartnik pour lefigaro.fr