Dans le cadre de leur développement RH, François Rebsamen demande aux Direccte d'accompagner les TPE/PME

ACTUALITÉ  |
6 juil 2015

 

   La seconde édition des "Initiatives territoriales pour l'emploi",  qui a valorisé une cinquantaine de projets, a été l'occasion pour le ministre du Travail de demander aux Direccte de mettre en place une offre de différents services à fin de conseiller et accompagner les TPE/PME dans leurs projets de développement, notamment en matière de gestion des ressources humaines.

 

   Dans le cadre d'un accord de développement de l'emploi et des compétences (Adec), la Maison de l'entreprise, de l'emploi et de la formation (Meef) Terres de Lorraine a co-construit avec ses partenaires une formation-action modulaire et individualisée pour former les TPE/PME aux recrutements. Vingt entreprises ont été formées en 2013-2014, et 53 recrutements réalisés. Cette opération fait partie des cinquante projets qui ont été présentés à Paris le 1er Juillet 2015 lors de la 2e édition des "Initiatives territoriales pour l'emploi", à l'initiative du ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Cette année, deux thématiques ont été plus particulièrement développées : l'appui aux ressources humaines (RH) des TPE/PME et l'insertion professionnelle (des jeunes notamment).

 

   A cet égard, François Rebsamen a annoncé, en conclusion de la journée, qu'il avait demandé aux directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) de mettre en place un ensemble de services pour conseiller et accompagner les entreprises, et plus particulièrement les TPE/PME, dans leur projets de développement, notamment RH. "Je souhaite que vous développiez une véritable offre de service auprès des TPE/PME dans le prolongement du plan PME présenté par le Premier ministre le 9 juin dernier pour lever les freins à l'emploi", a-t-il déclaré aux représentants des Direccte présents. "Nous pouvons imaginer une offre claire, accessible par le numérique ou par téléphone, reposant sur de la formation, du conseil, des aides financières, une mise en réseau entre employeurs", a poursuivi François Rebsamen. Ceci, "en complément de l'offre de service des régions". Cet accompagnement sera déployé sur les territoires en 2015-2016.

 

Des territoires de projets en développement

 

   C'est sur les territoires que naissent les projets ou plutôt, à partir des initiatives des acteurs que se forment des territoires de projets. Il ne s'agit plus de faire quelque chose quelque part mais de le faire avec d'autres. C'est ce qu'ont démontré les porteurs de projets pluri-acteurs en faveur de l'insertion des jeunes, notamment les NEET (Not in Education, Employment or Training) soutenus par le Lab'Europe du Fonds social européen (FSE). "Il faut tout faire pour contacter les jeunes NEET et cela passe par une action conjointe de l'ensemble des opérateurs", observe Jean-François Bénévise, directeur de la Direccte du Nord-Pas-de-Calais. Sa direction dont la mission est d'assurer le pilotage coordonné des politiques publiques d'emploi (contrats aidés, mise en œuvre de la garantie jeunes, relance de l'apprentissage, contrat de génération, accompagnement renforcé…) s'appuie sur ses unités territoriales implantées au niveau départemental pour mener des actions de proximité ciblées, au plus près des jeunes concernés. L'action de la Direccte s'inscrit notamment dans le cadre de l'Initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ) de moins de 26 ans sans emploi et ne suivant ni études ni formation, cofinancée en France par le FSE 2014-2020 à hauteur de 310,2 millions d'euros. Le directeur précise que "le Nord-Pas-de-Calais a bénéficié de la première dotation française (deux fois cinquante millions)". L'Etat et la région ont lancé un appel à projets commun qui a notamment permis de développer le dispositif régional "SAS apprentissage" de préparation à l'apprentissage. 

 

   En Espagne aussi, la priorité est au repérage et à la réinsertion des jeunes NEET. La ville de Gijon (Asturies) qui comptait, en 2012, 44,2% de chômeurs âgés de moins de 24 ans et 18,2% de jeunes NEET (contre 12,2% en France) a lancé le projet "Agencia de activacion juvenil" cofinancé par l'Union européenne dans le cadre de la Garantie européenne pour la jeunesse, dont l'objectif est d'offrir un accompagnement renforcé à des jeunes en grande difficulté (informations sur le marché du travail, coaching, tutorat, techniques de recherche d'emploi, offre de stages…) dans le but de leur permettre d'accéder à l'emploi ou à une formation. Différents acteurs locaux s'impliquent et pilotent l'initiative, y compris une ONG locale qui approche dans les parcs ou les bars, les jeunes en situation de forte exclusion. 100 jeunes NEET ont suivi ce programme, lancé en Décembre 2013 durant, durant 12 douze mois :  un accompagnement personnalisé et 33 d'entre eux ont déjà obtenu un contrat de travail. "L'un des points forts de ce projet a consisté à travailler en partenariat avec les entreprises de la région", témoigne Laura Gonzalez Mendez de l'Agence locale de promotion économique et de l'emploi de Gijon.

 

Entreprises proactives

 

   Certaines entreprises françaises se montrent elles aussi proactives dans l'insertion professionnelle des jeunes peu ou pas qualifiés en initiant des démarches originales en partenariat avec les acteurs locaux. C'est le cas de Volvic (groupe Danone) qui a contribué à mettre en place localement (en Auvergne), en 2010, l'opération "Initiative 500", un engagement du groupe à accueillir 500 jeunes de moins de 26 ans sans formation, sans diplôme, pour une période de pré-qualification suivie d'un contrat en alternance. Pour cette action, Volvic a fait le choix de travailler avec les acteurs locaux et notamment l'Ecole de la deuxième chance, le groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification "Entreprise pour l'insertion" (Geiq EPI) mais aussi Pôle emploi et les missions locales. "Nous allons chercher des jeunes que nous n'avons jamais rencontrés", témoigne Michel Blache, en charge des actions sociétales chez Volvic. Ce partenariat permet d'accompagner le jeune tout au long de son parcours d'insertion, de la première information dans les maisons de quartier à la sensibilisation aux métiers, à l'acquisition des savoirs de base, à la formation professionnelle, etc. Tout cela est facilité par la mobilisation de cent salariés de Volvic volontaires pour accueillir et encadrer les jeunes dans leur parcours en entreprise, et par la mise en place d'un double tutorat Volvic et Geiq EPI. Depuis 2010, Volvic a accueilli dans ce cadre 65 jeunes. 

 

   Le programme "100 chances, 100 emplois" conçu par Schneider Electric répond à la même logique : satisfaire les besoins économiques d'un territoire tout en contribuant à insérer et à rétablir l'égalité des chances pour les jeunes adultes (18 à 30 ans) issus des quartiers sensibles. Piloté par une entreprise du territoire, y participent les pouvoirs publics (Direccte, commune ou agglomération), le service public de l'emploi (Pôle emploi, missions locales, maisons de l'emploi), les associations de quartiers et un réseau d'entreprises du bassin. "Pour qu'une telle opération réussisse, il faut qu'un noyau dur d'entreprises s'engagent", souligne Didier Coulomb, responsable du projet "100 chances, 100 emplois" chez Schneider Electric. Aujourd'hui, plus de 453 entreprises se sont mobilisées sur leur territoire. Lors du parcours d'intégration professionnelle, elles proposent une large palette d'actions : visites d'entreprise, mini stages, évaluations en milieu de travail, parrainage, intérim, CDD, alternance, CDI. Pour réussir de tels projets d'insertion, explique Michel Blache de Volvic, "il faut avoir une forte légitimité sur le territoire et qu'il y ait une volonté locale globale des pouvoirs publics et des entreprises de prendre l'autoroute dans le même sens !".

 

Source
localtis - Valérie Grasset-Morel
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