Les missions locales prêtes à s'investir davantage dans l'alternance
L'accompagnement mis en place par les missions locales pour les jeunes en alternance permet de réduire le taux de rupture des contrats dans une proportion importante. C'est ce que révèle une étude publiée le 16 mai 2013 par l'Association nationale des missions locales (ANDML). Le processus mis en place permettrait d'aller vers une approche territoriale de l'apprentissage.
L'accompagnement mis en place par les missions locales pour les jeunes en alternance semble porter ses fruits et permettrait de mieux organiser l'alternance au niveau des territoires. D'après une étude intitulée "Quels enseignements retenir des expérimentations sociales sur l'alternance menées par les missions locales", publiée par l'Association nationale des missions locales (ANDML) le 16 mai 2013, le taux de rupture est ainsi moins élevé pour les jeunes en alternance suivis par les missions locales. Ce taux est de 25% au niveau national, il serait réduit de 20 à 50% avec le travail des missions locales.
Au total, en 2011, le nombre de contrats en alternance signés par les jeunes des missions locales reçus en entretien s'élève à 46.000 (30.000 contrats d'apprentissage et 16.000 contrats de professionnalisation), sur 576.000 contrats de travail, soit 8%. Un taux peu important mais qui tend à augmenter. Le nombre de jeunes des missions locales ayant signé un contrat en alternance a ainsi progressé de 6,6% entre 2010 et 2011. Parmi les facteurs de réussite de l'accompagnement des missions locales : une meilleure formalisation de l'alternance. Un fort travail de coordination a ainsi été effectué avec des actions diverses : la gestion des offres, des entretiens à plusieurs, la formalisation des process partenariaux, la définition et la répartition des champs de compétences, des échanges de pratiques, et la mise en place d'un comité de pilotage spécifique. L'organisation s'est "nettement formalisée et dépend moins des bonnes volontés", assure l'étude. Et sur ce plan, l'ANDML estime qu'il est nécessaire d'avoir une approche territoriale de l'apprentissage, avec la région comme espace de cadrage. "La région semble le bon échelon en raison de ses compétences spécifiques sur la formation", indique le rapport. Pour renforcer l'intégration en amont des questions de tutorat externe, le rapport propose qu'un représentant des missions locales participe au suivi du contrat d'objectifs et de moyens (COM) apprentissage et à l'élaboration du contrat de plan régional de développement des formations professionnelles (CPRDFP).
Un dispositif de médiation
"Il ne s'agit pas de créer ex-nihilo un nouveau dispositif mais bien de travailler sur les problématiques de coordination entre les acteurs et d'informations auprès des apprentis, précise l'étude. C'est bien dans la rencontre concrète, dans les présentations physiques, dans les interstices de la coordination entre acteurs que se nouent les relations de confiance et d'accompagnement." Un des autres facteurs de réussite correspond à l'accompagnement en amont, en plus du suivi tout au long du contrat. Un accompagnement indispensable car pour près de 60% des jeunes signataires d'un contrat en alternance, il s'agit de leur première expérience dans le secteur marchand. Le travail mené à partir de l'accueil du jeune (informations sur les métiers, visites, immersion, rencontre avec l'entreprise et le responsable, vérification de sa motivation, accompagnement à la recherche d'entreprise...) permet de renforcer la motivation à intégrer l'alternance et d'améliorer l'image de ce type de formation.
Au final, "l'alternance est moins perçue comme une orientation par défaut et la perception positive de l'apprentissage chez les jeunes augmente", signale ainsi l'étude.
En plus de cet accompagnement en amont, un suivi a lieu tout au long du contrat. Des entretiens avec les conseillers référents des missions locales peuvent être organisés à la demande d'une des parties prenantes, et une médiation est mise en place en cas de conflit avec l'employeur ou avec le jeune. "La plus-value indéniable réside dans la posture neutre du conseiller mission locale entre entreprises-tuteurs-responsables, le centre de formation d'apprentis (CFA), et le jeune", détaille l'étude. Et si le conflit n'est pas réglé, le jeune est réorienté, au sein même de la filière concernée, pour éviter "un changement drastique". La médiation est aussi un moyen d'assurer aux entreprises de ne pas se retrouver seules, la majorité d'entre elles comptant moins de dix salariés...
En conclusion de l'étude, l'ANDML signale ainsi que "les missions locales sont tout à fait à même d'intervenir pour assurer la continuité du parcours des jeunes apprentis, dans la continuité de ce qui leur est confié pour les emplois d'avenir".

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