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Situation économique des TPE : un léger mieux

La politique fiscale de Nicolas Sarkozy jugée sévèrement

Paris, 30 mai 2011 - Ce 42ème baromètre de conjoncture des Très Petites Entreprises, réalisé par l'IFOP pour Fiducial, met en exergue leur situation économique et la politique fiscale de Nicolas Sarkozy. Si la relance de l'investissement et l'amélioration de la situation financière des TPE suscitent un regain d'optimiste, l'emploi n'en retire aucun bénéfice. Quant à la politique fiscale du président de la République, elle est sévèrement critiquée.

Un regain d'optimisme...


Les patrons de TPE retrouvent un peu le moral. L'optimisme vis-à-vis de la situation générale en France gagne 7 points par rapport à janvier (à 36 %). Ils se montrent aussi plus positifs sur leur propre situation (+ 5 points depuis janvier, à 57 %). Cette perception plus favorable est liée à une augmentation de leur activité et donc à une amélioration de leurs finances. Si l'indice de situation financière reste négatif (-7 %), il s'est nettement redressé par rapport au précédent trimestre (+ 11 points).

 

...en revanche, aucun bénéfice pour l'emploi
Quant à l'emploi, l'embellie économique n'est pas encore suffisante pour pouvoir vraiment se refléter sur les embauches et les chefs d'entreprise restent prudents. La création nette d'emplois a été nulle de janvier à mars et devrait se situer à + 0,5 % d'ici l'été.

Des demandes de prêts à la hausse, tout comme les refus des banques
Le contexte économique favorise une relance de l'investissement, et de fait, les demandes de crédit atteignent leur niveau le plus élevé depuis janvier 2009 (33 %, + 9 points en 3 mois). Elles s'accompagnent toutefois d'une frilosité de la part des banques, se traduisant par une augmentation des mesures de durcissement par les établissements bancaires (62 %,
+ 11 points depuis janvier 2011). Trois demandes de prêts sur dix (+ 8 points) aboutissent à un refus.

 

L'embellie profite surtout aux TPE de plus de 10 salariés
Une catégorie de TPE se distingue nettement des autres : celles employant au moins dix salariés. Leur création nette d'emplois s'établit à 11 % pour le 1er trimestre et atteindrait 14 % au
2ème trimestre ! C'est aussi pour elles le reflet d'une meilleure situation financière (indicateur à
- 2 %, contre - 7 % en moyenne) et d'une croissance prévisionnelle espérée plus forte (+ 1,7 %, contre + 0,6 % en moyenne).

 

En attente d'une vraie réforme fiscale
Prises isolément, les mesures fiscales annoncées pour l'été sont majoritairement approuvées. Mais les patrons de TPE attendaient autre chose. Ainsi 66% d'entre eux accueillent favorablement le relèvement du seuil d'entrée dans l'ISF, mais ils sont 6 % à considérer que c'était l'impôt à baisser en priorité, très loin derrière les taxes sur les carburants (59 %) ou l'impôt sur le revenu (39 %).


Le système fiscal français est jugé inadapté aux spécificités des petites entreprises (pour 86 % des patrons de TPE), difficile à comprendre (81 %), inéquitable (80 %), inefficace (75 %), archaïque (61 %), et non compétitif sur le plan international (77 %).
Par ailleurs, le niveau des charges sociales constitue un obstacle important à leur développement (94 %), tout comme le niveau de l'impôt sur les sociétés (79 %). C'est pourquoi, 93 % des dirigeants auraient souhaité une « vraie » réforme de fond.
Pour autant, la baisse des impôts ne constitue pas la première exigence d'une réforme fiscale. Les patrons de TPE apprécieraient un rééquilibrage de la fiscalité entre les particuliers et les entreprises (40 %) et entre le travail et le patrimoine (38 %).
En ce qui concerne la fiscalité des entreprises, deux idées bénéficient d'un très bon accueil : la réduction du taux de l'impôt sur les sociétés sur les résultats réinvestis dans l'entreprise (87 %) et l'instauration d'une taxation minimale des profits des grandes entreprises internationales (81 %).


En revanche, la TVA sociale ne fait vraiment pas recette, ne séduisant que 34 % des chefs d'entreprise. En ce qui concerne la réforme de la fiscalité des particuliers, ils ratifieraient la suppression des exonérations de plus-values pour permettre une baisse de l'impôt sur le revenu ou de la CSG (68 %) ainsi que la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, le tout étant alors imposé selon un barème progressif (61 %).

 

Les centristes en arbitre de la présidentielle de 2012 ?
Les dirigeants des TPE interrogés se déclarent intéressés par la perspective de la présidentielle de 2012 à 64 %, et « très intéressés » à 27 %. Au cœur des enjeux socio-économiques de ce rendez-vous politique, le pouvoir d'achat et les salaires sont cités à 39 %, devançant de peu l'avenir du modèle social français (37 %), et les leviers pour la croissance économique (34 %).


Nicolas Sarkozy reste le favori des patrons de TPE, avec 40 % (+ 5 points par rapport au précédent baromètre) susceptibles de voter pour lui. 32 % des chefs d'entreprise interrogés sont plutôt en faveur d'une victoire de la droite à la prochaine élection présidentielle, contre 21 % déclarant préférer la gauche. Les partis du centre se positionnent en arbitre du prochain scrutin, avec 12 % d'opinions favorables. Cependant, près de trois patrons de TPE sur dix (29 %) ne se prononcent pas encore sur le sujet, un vrai réservoir de voix lorsque l'on sait qu'ils sont 2 600 000 rien qu'en France métropolitaine.



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