Les discriminations à l'embauche toujours fortes
Un testing organisé en France par le Bureau International du Travail
sur plus de 2000 candidatures permet de quantifier le phenomène. Les
résultats sont édifiants : dans 70 % des cas, à CV et compétences
égales, les employeurs choisissent le candidat "d'origine française"
plutôt que celui "d'origine africaine ou maghrébine"
Pour réaliser cette étude, le Bureau International du Travail et la DARES ont mis en place une opération de testing dans six grandes villes françaises (Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg). 2 440 offres d’emploi, relevant majoritairement de l’hôtellerie-restauration et du commerce, ont été testées par deux candidats de nationalité française: l’un d’origine apparente « hexagonale ancienne », l’autre d’origine apparente « maghrébine » ou bien « noire africaine. »
Quatre fois sur cinq, c'est le candidat "d'origine française" qui a été choisi.
La discrimination se manifeste souvent dès la première prise de contact, avant même le premier entretien. Pour les candidatures qui passent ce premier obstacle, le parcours n'est pas fini. Une autre forme de discrimination, "assez sournoise et difficile à détecter", selon les auteurs du rapport, intervient. C'est la mise en attente (le fameux "on vous rappelera")
A noter que parmi les personnes victimes de discriminations, les femmes s'en sortent un peu mieux que les hommes (27% de taux de discrimination net contre 47%), et que les personnes "d'origine maghrébine" sont plus souvent choisies que les personnes "d'origine africaine."
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