Le nouveau droit à la formation affiche un premier bilan assez modeste
Comme dans le secteur privé qui en bénéficie depuis mai 2004, le droit individuel à la formation (DIF) semble décoller lentement dans les collectivités, selon un bilan que vient de communiquer le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).
La réglementation impose aux collectivités d'adresser à l'opérateur de
formation la copie des conventions relatives au DIF qu'elles concluent
avec leurs agents. Ce qui permet au Centre national de la fonction
publique territoriale (CNFPT) de recenser 13.281 conventions sur la
période 2008-2009. Une analyse des quelque 9.900 conventions
exploitables donne ainsi une idée des premières personnes qui ont
utilisé le nouveau droit individuel à la formation (DIF).
Il s'agit pour une part importante des agents de la filière
administrative : 43 conventions sur 100 signées en 2008 et 2009 les
concernent, alors qu'ils représentent à peine plus du cinquième des
agents territoriaux. Du coup, toutes les autres filières sont
sous-représentées par rapport à leurs effectifs dans la fonction
publique territoriale. Notamment la filière technique, concernée par 35%
des conventions – alors qu'elle constitue près de la moitié des agents
des collectivités. Proportionnellement à leurs effectifs, les agents des
catégorie A et B ont utilisé le DIF plus que les agents de la catégorie
C, puisqu'ils sont à l'origine de 30,3% des conventions. Les femmes
(64% des conventions) ont eu davantage recours au DIF que les hommes.
Enfin, si l'on s'intéresse à l'âge des agents ayant eu recours à un DIF,
on s'aperçoit que les agents de 30 à 49 ans sont surreprésentés.
Dans 23% des cas, le DIF est utilisé pour suivre des formations de
préparation aux concours et examens professionnels. Mais les formations
les plus demandées concernent "le pilotage, le management et la gestion
des ressources", domaine dans lequel on trouve en particulier les
formations en informatique et bureautique (8%). Viennent ensuite les
formations délivrées dans les domaines de l'enfance/jeunesse et du
développement et de l'efficacité personnelle (qui représentent chacun 5%
de l'ensemble des formations demandées au titre du DIF).
Plus de la moitié des formations sont d'une durée inférieure ou égale à
trois jours. Dans 65% des cas, le CNFPT est l'organisme qui est saisi
pour dispenser la formation (un autre organisme, public ou privé est
sollicité dans 22% des cas).
Le premier bilan du DIF est donc encore modeste, mais le dispositif va
se développer. Rien qu'en 2010, le nombre de conventions devrait être
supérieur au chiffre cumulé des deux années précédentes.
Selon le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT),
qui va se pencher sur le DIF à partir de la fin de l'année, cette mise
en oeuvre encore modeste du dispositif ne vient pas de l'outil, qui
semble plutôt "malléable", mais sans doute de l'insuffisante
communication faite par les collectivités auprès de leurs agents.

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