Le nouveau plan PME annoncé pour l'automne
Le nouveau plan PME sera présenté cet automne, a annoncé le gouvernement à l'occasion du salon Planète PME. Pierre Moscovici a aussi détaillé le projet de banque publique d'investissement. Quant aux régions, elles entendent présider un comité d'engagement d'investissement local.
Echaudées par la décision d'augmenter le Smic de 2% au 1er juillet, les PME ont vu les membres du gouvernement se succéder à leur rencontre annuelle, Planète PME, qui fêtait ses dix ans cette semaine. A cette occasion, Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin ont annoncé que le plan PME sera prêt pour "l'automne 2012". Ce plan, indiquent les ministres du Redressement productif et des PME, dans un communiqué du 29 juin, devra répondre à trois défis : "briser le plafond de verre" qui fragilise l'expansion des PME à l'international, stimuler "le réflexe PME" vers un nouveau modèle plus coopératif entre PME, ETI et grands groupes, et soutenir les PME dans leur bataille pour la compétitivité. Ce plan sera le prolongement du dispositif d'urgence déployé à partir du mois de juillet, à travers les 22 commissaires au redressement productif (le 13 juin, Arnaud Montebourg avait annoncé un "plan de reconquête industrielle" pour les entreprises de moins de 400 salariés).
Dans une interview aux Echos du 28 juin, Fleur Pellerin a également précisé qu'un "test PME" sera mis en place, "qui consistera à évaluer, en amont, l'impact sur les PME de toute mesure nouvelle proposée par le gouvernement". Histoire de ne pas renouveler l'expérience du Smic ? La CGPME estime en effet que cette mesure risque d'entraîner "la destruction de plusieurs dizaines de milliers d'emplois parmi les moins qualifiés". "Les TPE/PME confrontées, pour un grand nombre d'entre elles, à un ralentissement de l'activité économique qui se traduit par un allègement du carnet de commandes et un effritement des marges, vont devoir, en sus de l'augmentation des cotisations retraites, assumer une décision politique aux conséquences économiques négatives", a alerté la confédération.
Banque publique d'investissement
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a également tenu à rassurer les PME et "dissiper un malentendu". "La gauche mène une politique déterminée de soutien au tissu productif français", a-t-il déclaré, jeudi, en clôture de Planète PME. Et lui aussi a ses propositions en matière de financement, axées autour de trois piliers : mieux orienter l'épargne des Français vers l'investissement et le soutien aux entreprises sur le long terme, réorienter le crédit vers l'économie réelle en s'appuyant sur une réforme du système bancaire et préparer la banque publique d'investissement pour 2013. Un dernier projet conçu "en lien étroit avec Arnaud Montebourg", a tenu à préciser Pierre Moscovici. Il s'agira de faire "plus simple" et "plus efficace" que les dispositifs existants. Plus simple avec un "guichet d'entrée unique" pour les entreprises en région. Plus efficace avec un "réseau de distribution unique de l'ensemble des outils publics de financement - prêts garantis, fonds propres, subventions - à la disposition des entreprises, dont [la banque] appuiera aussi les projets à l'export". Le dispositif devrait donc intégrer les nouveaux guichets régionaux de l'export mis en place par le précédent gouvernement. "Plusieurs grands élus régionaux m'ont déjà contacté pour me proposer d'expérimenter la BPI localement. Je vois dans leur intérêt une validation de nos objectifs et de notre démarche, et un engagement commun en faveur d'un financement renforcé des PME qui animent nos territoires. Je les remercie et je les entends : ce projet se fera avec, et par les régions."
La création de cette banque fait l'objet d'une mission de préfiguration confiée à l'inspecteur général des finances Bruno Parent qui rendra ses premières conclusions fin juillet. La position de l'ARF figurera dans le volet économique de sa proposition d'acte de décentralisation qui sera présenté le 4 juillet. Elle s'articule autour d'une structure bicéphale : un comité d'orientation pour la gouvernance nationale et un comité d'engagement d'investissement présidé par la région pour les montants inférieurs à 10 millions d'euros. "Les régions seraient ainsi parties prenantes de la gouvernance nationale et parties prenantes de la définition de la doctrine d'investissement à l'échelle des entités régionales qu'elles présideraient au sein d'une plateforme qui créerait des synergies avec les fonds d'investissements régionaux et les autres acteurs", indique-t-on à l'ARF. Cette dernière a déjà fait part de ses propositions à Arnaud Montebourg, reste à convaincre Pierre Moscovici... et les entreprises.

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