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Pourquoi les diplômes ne suffisent plus pour les jeunes

Parmi les nombreux jeunes au chômage, beaucoup sont bardés de diplômes mais pétrifiés face aux employeurs, dont ils maîtrisent mal les codes. Un problème dont les écoles et les universités se préoccupent encore peu. Rencontres lors d'un Café de l'avenir réunissant professionnels et jeunes en recherche d'emploi. 

Le diplôme garantit-il toujours un emploi? Non, à en croire le nombre de jeunes diplômés au chômage et les perspectives moroses annoncées par les grandes écoles elles-mêmes. Y compris quand ils sortent des meilleures formations, des milliers de jeunes empruntent chaque année un long chemin truffé d'entretiens ratés, de candidatures sans réponse ou de brefs CDD.


La conjoncture joue pour beaucoup, mais n'explique pas tout. "Intellectuellement, je vois des jeunes parfaits, toutes les cases sont bien rangées. Mais ils ne sont pas préparés à la sortie des études qui peut s'avérer violente", observe Daniel Warnier, chargé de mission chez EDF. Depuis trois ans, il accompagne bénévolement des jeunes diplômés dont la recherche piétine, aux Cafés de l'avenir, dont la dernière séance se tenait lundi au siège de Microsoft. Cette année, il suit une quinzaine de candidats sortis de filières aussi variées que le droit, la communication, les ressources humaines ou les écoles d'ingénieurs.


Plus ils échouent, plus ils perdent confiance
Certains cherchent depuis des mois. "Sortir avec un bac+5 ne les empêche pas de passer des dizaines d'entretiens en se faisant claquer la porte au nez à chaque fois. Plus ils échouent, plus ils perdent confiance et se montrent mauvais en entretien, c'est un cercle vicieux", constate Daniel Warnier.


Ce qui leur manque? "Ils ne savent pas se présenter, ni mettre en avant ce qui est important quand leurs compétences. Ils se retrouvent désarçonnés quand on leur demande pourquoi le recruteur devrait les embaucher eux plutôt qu'un autre", poursuit-il.


Cinq diplômes, sept ans d'études
Le B.A.-ba de l'entretien d'embauche, mais que beaucoup de jeunes ne maîtrisent pas. "Face aux recruteurs, je me sens comme dans un pays étranger", explique Maëlys, âgée de 25 ans, qui confirme le désarroi ressenti à la sortie du cocon des études. Diplômée d'un master 2 de lettres modernes en septembre dernier, la jeune femme, accompagnée par le Café de l'avenir, postule sans résultats et n'a pour l'instant décroché qu'un job d'été, légèrement prolongé.


On leur dit que les patrons vont les attendre
"Candidater demande de maîtriser certaines attitudes, des termes clés à mettre dans les CV. Certaines questions reviennent, mais si on n'a pas les codes pour y répondre, on reste bloqué. Je me rends compte que ni ma formation ni mes emplois d'étudiants ne me les ont donnés", regrette-t-elle. Pour refaire son CV, elle a dû s'en remettre "à des amis d'amis". Elle songe à une nouvelle formation en alternance, ou à reprendre des stages, malgré "une rémunération difficile à encaisser après cinq diplômes, sept ans d'études, des mentions et un parcours brillant".


Le rapprochement école-entreprise, "on en entend parler"
A en croire Daniel Warnier, les diplômés des grandes écoles ne sont pas mieux lotis. "On leur dit que les patrons vont les attendre. Ce serait beau mais ce n'est pas du tout le cas", ironise-t-il. Les promesses de rapprochement entre cursus et entreprises, tant à la fac que dans les écoles? "On en entend parler, oui, mais dans les faits beaucoup considèrent encore que ça n'entre pas dans leur champ d'activité."


Nous attendons autre chose des candidats
Mais la balle est aussi dans le camp des employeurs. "Quand les entreprises ont vraiment la volonté de favoriser l'insertion des jeunes, que c'est intégré dans leur stratégie, l'emploi des jeunes n'est plus une problématique", estime David Lamy, DRH Europe chez Coca-Cola.
Lui aussi affirme que le diplôme ne suffit pas. "Nous attendons autre chose des candidats, comme un engagement fort, le sens du client et des responsabilités, des compétences comportementales en fait, ce qui n'est pas toujours facile", reconnaît-il.


Mais une politique volontariste facilite les choses. "On accompagne certaines recrues pendant trois ans après leur arrivée chez nous, on participe aussi à l'opération Phénix, qui permet de recruter des universitaires, et mettons aussi en place des dispositifs en faveur des candidats issus des banlieues, énumère-t-il, ce qui multiplie les passerelles entre les jeunes et l'entreprise."



Source(s) : Alexia Eychenne, publié le 13/03/2012 à 18:45 sur l'Express.fr

Tags : diplome | jeune | jeunes-diplomes | chomage | jeune-chomage | employeurs | universite | cafe-de-lavenir | professionnel | recherche-emploi | diplome


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