Initiatives.Tv, le portail vidéo de l'emploi et de l'économie régionale

Actualités

Horaires flexibles et chômage partiel : comment l'Allemagne s'adapte à la crise

Des conventions collectives de branche ou d'entreprise fixent des conditions plus favorables aux salariés quant à la durée légale du travail fixée au maximum à 48 heures par semaine.

En Allemagne, la durée légale du travail est fixée au maximum à 48 heures par semaine. Mais des conventions collectives de branche ou d'entreprise fixent des conditions plus favorables aux salariés. Ainsi, dans le secteur des métaux et de l'électronique, où les syndicats sont puissants, le temps de travail est de 35 heures dans l'ancienne Allemagne de l'Ouest et de 38 heures dans l'ex-RDA. Le géant de l'automobile Volkswagen dispose, lui, d'un système flexible avec une semaine de travail de 25 à 34 heures selon la situation économique. Les fonctionnaires travaillent, eux, entre 40 et 42 heures selon les régions ou administrations.

Après une diminution du temps de travail jusque dans les années 1990, les salariés du secteur privé ont accepté ces dernières années de rallonger leurs horaires sans compensation financière en échange d'une garantie contre les licenciements dans un contexte de détérioration de la conjoncture. En moyenne, les Allemands travaillent 41 heures par semaine, selon une étude de l'institut IAQ dépendant de l'université d'Essen-Duisburg parue en septembre.

 

En cas de coup dur, les entre­prises peuvent, avec l'assentiment des représentants du personnel, demander à bénéficier du système de chômage partiel si au moins un tiers des salariés sont menacés par une baisse de salaire de plus de 10 %. À la différence de la France, l'Allemagne dispose à cet effet d'un guichet unique auprès de l'Agence fédérale pour l'emploi.

 

Chômage partiel porté à deux ans
Pendant six mois au maximum, les salariés touchent de 60 ou 67% de leur rémunération habituelle, versés par l'assurance-chômage, selon leur situation de famille. L'employeur doit s'acquitter des cotisations patronales sur 80% des salaires versés d'ordinaire.

En février 2009 - pendant la ­crise financière -, le gouvernement avait étendu ce dispositif afin d'éviter des licenciements massifs. La durée maximale de chômage partiel a été portée à deux ans et les employeurs ont pu bénéficier d'allégements de charges de 50% et même de 100% au-delà de six mois.

 

Jusqu'à 1,5 million de salariés ont été concernés par ces mesures, notamment dans de grands groupes industriels comme Siemens ou MAN. Selon les dernières données disponibles, environ 57.000 salariés étaient encore visés en septembre.

 

«En raison de la bonne situation économique», le gouvernement allemand a décidé de revenir prématurément à l'ancien système à partir du 1er janvier. Normalement, la mesure devait prendre fin au 31 mars 2012 et la fédération des syndicats DGB plaidait pour une prolongation en regard des prévisions moroses de croissance pour l'année à venir.

S'il sauve des postes, le dispositif a un coût. Pour 2009 et 2010, la BA a dépensé 7,6 milliards d'euros sur ce poste. Saluant une mesure «qui a permis de sauver de nombreux emplois», le patronat allemand souhaite néanmoins une mise en place plus rapide du dispositif en cas de nouvelle crise. «Il ferait sens que le gouvernement puisse en décider sans passer par une fastidieuse procédure parlementaire», souligne un porte-parole de la fédération des patrons allemands BDA.



Imprimer cette actu Envoyer à un ami



Vidéos similaires :



Actualités similaires :

17/04/2012
Innovation : la crise a eu un impact modéré sur les dépenses de recherche

16/03/2012
France active veut doubler son activité en cinq ans

14/02/2012
Chômage partiel : l’aide de l’Etat versée dès la première heure

06/02/2012
TVA sociale: le gouvernement espère 100.000 emplois


Publicité

EDF PRO 2012

Voir toutes les offres d'emploi